Vous recherchez votre future maison depuis déjà plusieurs mois. Vous en avez visité une bonne dizaine, mais il y avait toujours quelque chose qui n’allait pas. Des chambres trop petites, un jardin mal orienté ou trop de travaux à prévoir… vous avez vos critères, mais vous avez aussi votre ressenti lorsque vous effectuez les visites. Il compte aussi. Et puis un jour, vous visitez une maison et là c’est le coup de cœur ! Vous vous y sentez bien, la majorité de vos critères sont respectés, et vous vous imaginer y vivre avec vos enfants et votre chien. Vient donc l’heure tant attendue de passer à la rédaction de l’offre d’achat. C’est le moment crucial car vous prenez une décision forte, c’est le début en principe de votre nouvelle vie, si votre offre est acceptée. Mais en quoi vous engage cette offre ? quels sont les risques s’il y en a ? Est-ce que cela engage le vendeur ?

Définition de l’offre d’achat immobilier

Un petit rappel, il s’agit pour un acheteur d’exprimer sa volonté d’acheter le bien immobilier au prix indiqué. Même si cela peut se faire à l’oral, il est préférable de faire un écrit, car lui seul à une valeur juridique, avec un minimum de mentions indiquées dans le document :
– L’adresse du bien
– Le nom de l’agent immobilier ou du vendeur si vous traitez en direct
– Le prix que vous proposez
– La condition éventuelle d’un prêt avec son montant.

Dans la réalité, une offre d’achat orale est souvent faite au vendeur dans un premier temps par le biais de l’agent immobilier et ensuite elle est confirmée par écrit.
Même si l’offre d’achat ne constitue pas en soi l’acte d’achat proprement dit, il s’agit toutefois de bien réfléchir avant d’en faire une. Il ne faut pas prendre cette action à la légère et de jouer à la roulette russe pour voir si le vendeur accepte. Cela doit résulter d’une vraie volonté d’acheter le bien immobilier visité avec tout ce que cela suppose. Il y a un engagement psychologique important à la signature de cette offre. C’est d’ailleurs pourquoi nombre de personnes frileuses ont peur de sauter le pas et visitent des biens sans jamais faire d’offres. La peur de s’engager. A l’inverse, une proposition faite trop hâtivement pourrait déboucher sur un changement d’avis qui serait nuisible à tous. Perte de temps, déconvenue, déception, remise à zéro de tout…

Si l’offre est acceptée par le vendeur

Si vous avez fait une proposition au prix demandé par le propriétaire, il est alors tenu d’accepter votre offre. Il n’a pas le choix.
Si vous avez fait une offre en dessous du prix demandé, alors le propriétaire a le loisir soit de l’accepter soit de la refuser.
Dans le cas où le vendeur accepte votre offre (qu’elle soit à « son prix » ou « au vôtre »), il doit signer le document que l’agence lui a transmis. Et dans ce cas, selon le Code Civil, dès qu’il y a entente sur le prix et la chose, la vente est réputée conclue. S’en suivra alors le processus de signature du compromis de vente puis de l’acte authentique dans les mois suivants. L’acceptation de l’offre est le déclencheur.
Pour rappel, aucune somme d’argent n’est à verser au moment de l’offre.

Si l’offre d’achat est refusée par le vendeur

Vous avez fait une offre d’achat en-dessous du prix demandé par le propriétaire. Celui peut donc la refuser. Dans ce cas, soit vous mettez une croix sur ce bien et votre offre devient caduque, soit vous décidez de faire une nouvelle offre. En effet, un refus ne veut pas dire que la négociation est terminée. Une offre constitue le point de départ des négociations, et plusieurs scénarii sont possibles. Si vraiment vous tenez à ce bien immobilier, et que vous aviez gardé une petite marge de manœuvre, alors n’hésitez pas et faites une nouvelle offre. Montrez au propriétaire votre intérêt.

offre achat immobilier

Mais il peut aussi vous faire une contre-offre à votre première offre d’achat en vous proposant un prix entre le vôtre et celui qu’il souhaitait.
Dans ce cas, vous avez tout à fait le droit de ne pas donner suite à cette contre offre, votre offre initiale n’a alors plus de valeur.
Si vous acceptez sa contre-offre, alors l’accord est trouvé et on considère l’affaire faite. Vous pouvez aussi bien sûr, refaire une autre proposition comme on vient de le voir.

Si l’acquéreur change d’avis

Si votre offre a été signée par le propriétaire et que le lendemain vous êtes pris de remords et que vous changez d’avis, en théorie le propriétaire peut vous poursuivre et vous demander des dommages et intérêts. Dans les faits, cela arrivera rarement, car le propriétaire ne perdra pas de temps à essayer de prouver le préjudice subi, et se reconcentrera tout de suite sur la quête d’un nouvel acquéreur.

Les délais de l’offre d’achat

Si vous aviez mis une date butoir dans votre offre pour la réponse du propriétaire, et qu’il n’y donne pas suite dans le délai, vous êtes alors libéré de l’offre. Ceci dit si vous êtes réellement intéressé, vous attendrez quand même la réponse concrète du propriétaire, sauf si vraiment les jours passaient sans aucune nouvelle. Il arrive parfois que certains propriétaires jouent un peu la montre, malgré ce délai indiqué dans l’offre, en essayant de négocier avec un autre acquéreur potentiel. Histoire de dire oui au plus offrant. C’est pourquoi il est important que l’agent immobilier remette votre offre le plus tôt possible au vendeur, afin de ne pas laisser de temps à une autre éventuelle offre d’intervenir. Selon l’historique du dossier, le vendeur pourra être en mesure d’accepter tout de suite votre offre sans plus attendre. Notamment dans les cas où il n’y a pas eu d’offres encore malgré une mise en vente datant de plusieurs mois ou si des offres très basses avaient déjà été faites. Il aura tendance à « sauter » sur la première offre correcte qu’il recevra.

A savoir également que même en l’absence de délai indiqué dans votre offre d’achat, tant que le propriétaire n’a pas répondu, vous avez la possibilité de vous rétracter. Pour autant, comme je l’indiquais plus haut, il vaut mieux réfléchir avant qu’après !